12 décembre 2012

Entrevue : Un cri du coeur !


L'appel à la vie consacrée
Un cri du coeur

Simon, Jonathan, Daniel et Julian sont quatre jeunes qui cheminent pour devenir dominicains. Le long métrage Alleluia, présenté samedi dernier au Festival des rencontres internationales du documentaire de Montréal, met en scène leur parcours spirituel. Simon nous explique en quoi sa vie donnée à Dieu est pour lui une source de joie dont le monde d'aujourd'hui aurait tant besoin. 

Comment avez-vous reçu l'appel de la vie consacrée ?
L'appel n'est pas une sorte de voix mystique intérieure qu'on entend dans sa tête. Je pense que la manière la plus commune que Dieu utilise pour appeler des hommes, c'est par le désir. Il met en effet dans notre cœur un désir étonnant, qui paraît même presque inexplicable, pour une chose qui selon les critères du monde ne devrait pas être désirable. Pourquoi est-ce que je sens en moi une telle passion pour Dieu ? Pour moi, ça signifie que je suis appelé, car Dieu a mis ça dans mon cœur pour me montrer qu'il m'appelait à me donner totalement à lui.

Pourquoi choisir un mode de vie si radical dans la forme ?
La vie consacrée, c'est une passion pour Dieu. Quand on est passionné pour quelque chose, on en délaisse beaucoup d'autres pour faire seulement ce qui nous passionne. Le mot consacré a déjà un sens concret qui veut dire associer une chose à un seul usage. À cause de cette passion pour Dieu, on veut que toute notre vie soit centrée sur lui.

Y a-t-il une chose que vous croyiez avoir perdue en entrant au couvent et que la vie religieuse vous a redonnée ?
On a l'impression en se consacrant à Dieu qu'on renonce à vivre des relations intimes, à avoir une femme et des enfants qui nous rendraient heureux dans le quotidien. Ce qu'on découvre, c'est qu'une famille beaucoup plus grande nous est redonnée. Non seulement des frères qui sont aussi des amis intimes, mais en plus des frères partout dans le monde. Peu importe où je vais, quand j'entre dans un couvent dominicain, j'ai l'impression que j'entre chez moi.

Comment votre cheminement au sein de l'Ordre dominicain vous a-t-il transformé ?
De plus en plus, je m'aime moi-même. En partie, parce que je vois plus ma pauvreté intérieure. Je sens moins que tout dépend de moi et est centré sur moi. Et en même temps, j'accepte plus mes faiblesses. J'ai davantage besoin de Dieu et des autres, mais je pense qu'une pauvreté acceptée permet de mieux s'aimer et elle devient même une richesse, car une fois qu'on accepte, on devient un mendiant. On tend la main aux autres, et cette attitude-là est une richesse.

Qu'est-ce que le témoignage de votre vie religieuse apporte à notre société actuelle ?
La vie religieuse, c'est comme un cri qui dit Dieu. Un cri parce qu'il y a dans le monde tellement de bruit. En soi, tout chrétien témoigne par sa vie. Mais dans un monde où tout est très bruyant, ça prend des signes plus lumineux ou des voix plus fortes qui attirent le regard. Mais on peut aussi attirer l'attention par le silence, l'humilité et la discrétion, qui sont aussi des cris car ils sont à contre-courant d'un monde qui valorise le spectacle ou l'apparence.

Sarah-Christine Bourihane -

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